Guides  / Securite  · 05 Apr 2026  · 11 min de lecture

RGPD sur PrestaShop : où sont vraiment vos données

La conformité ne se joue pas dans le bandeau cookies. Elle se joue dans ce que vos modules envoient avant que le visiteur ait cliqué, et dans ce que votre base garde depuis six ans.

La plupart des articles sur le RGPD énumèrent des obligations. Celui-ci part de l'autre bout : sur une boutique PrestaShop, où se trouvent réellement les données personnelles, qui les envoie, et depuis combien de temps les gardez-vous sans le savoir ? C'est là que se situe le risque, pas dans la formulation d'une politique de confidentialité.

Ce que PrestaShop fait déjà, et qu'on réinstalle pour rien

Le cœur gère nativement l'essentiel de la mécanique : le consentement à l'inscription, l'export des données d'un client, sa suppression, et le suivi des consentements donnés. Beaucoup de boutiques empilent par-dessus un module payant qui refait la même chose, souvent moins bien, et surtout en créant un second endroit où les consentements sont stockés. Deux registres qui divergent valent moins qu'un seul.

Avant d'acheter quoi que ce soit, la question utile est : qu'est-ce que le natif ne couvre pas dans votre cas ? La réponse tient généralement à un ou deux outils tiers, pas à la boutique elle-même.

Le vrai sujet : ce qui part avant le clic

Le bandeau de consentement ne vaut que s'il bloque réellement. Sur une boutique ordinaire, la mesure d'audience, le pixel publicitaire, la messagerie instantanée, le module d'avis et la police de caractères chargée depuis un serveur distant se déclenchent souvent à l'affichage de la page, avant toute interaction. Le bandeau devient alors une décoration juridique.

La vérification se fait en une minute et n'exige aucun outil : on ouvre la boutique dans une fenêtre privée, on regarde l'onglet réseau du navigateur, et on liste les domaines contactés avant d'avoir cliqué. Ce que vous y verrez est ce qu'un contrôle verra. C'est aussi, très souvent, une surprise.

La bonne architecture consiste à brancher le consentement au niveau du gestionnaire de balises plutôt que module par module : une seule barrière, franchie par tout le monde, plutôt qu'une dizaine dont on oubliera forcément une.

Les tables qui grossissent en silence

Une boutique de six ans conserve des données personnelles dans des endroits que le back-office ne montre pas : les paniers abandonnés avec leur adresse de livraison, les invités qui n'ont jamais commandé, les journaux de connexion, les demandes de service après-vente, les exports de commandes oubliés dans un dossier. Rien de tout cela n'est illégal en soi ; ce qui l'est, c'est de le garder indéfiniment sans motif.

Définir une durée de conservation par catégorie et la faire appliquer par une tâche planifiée est un travail d'une demi-journée. Il a un bénéfice inattendu : ces tables sont aussi celles qui ralentissent la boutique.

Les sous-traitants qu'on ne compte pas

Chaque outil branché sur la boutique traite des données pour votre compte : la plateforme d'emailing, le service de paiement, le transporteur, l'hébergeur, l'outil de mesure, la messagerie du site. Ils doivent figurer dans votre politique de confidentialité et, pour les principaux, faire l'objet d'un accord de sous-traitance — que ces prestataires publient presque tous, et que presque personne ne récupère.

La liste se construit une fois et se met à jour à chaque module ajouté. C'est le document qui manque le plus souvent quand une question arrive.

Ce qui coûte réellement

Le risque le plus fréquent n'est pas l'amende spectaculaire : c'est la demande d'un client mécontent à laquelle vous ne savez pas répondre dans le délai, parce que vous ignorez où sont ses données. Savoir répondre suppose une chose simple et rarement faite : avoir écrit, une fois, la liste de ce que vous collectez, où c'est stocké, et combien de temps vous le gardez.

Ce document tient sur deux pages. Il est plus utile que n'importe quel module de conformité.

Ce guide vous a-t-il été utile ?

Commentaires

Aucun commentaire pour l’instant. Le vôtre sera le premier.

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera publié après relecture. Votre adresse e-mail ne sera ni affichée ni transmise ; elle sert uniquement à vous répondre.

10 caractères minimum, 4000 au plus.

← Tous les guides Démarrer mon projet →