La question arrive toujours sous la même forme : faut-il acheter un thème du marché ou en faire développer un ? Posée ainsi, elle oppose un prix visible à un autre prix visible, et elle laisse de côté ce qui coûtera le plus cher : ce qui se passe à la première montée de version, et le jour où quelqu'un d'autre devra reprendre le travail.
Ce qu'on achète vraiment avec un thème du marché
Un thème du marché n'est pas seulement un habillage. C'est un ensemble de gabarits testés sur des milliers de boutiques, une compatibilité vérifiée avec les modules courants, et — c'est le point décisif — un éditeur qui publiera une version compatible quand PrestaShop montera de version. Ce dernier service ne se voit pas au moment de l'achat, et c'est pourtant lui qui justifie le prix.
Le revers est connu : vous héritez aussi de ce dont vous n'avez pas besoin. Un thème vendu pour convenir à tout le monde embarque des options, des scripts et des variantes que votre boutique n'utilisera jamais, et qui pèsent sur chaque page. Le nettoyage est possible, mais il vous met dans la position d'avoir modifié ce que l'éditeur mettra à jour.
Le thème enfant est la vraie décision
Entre les deux options du débat habituel, il en existe une troisième que personne ne met en avant parce qu'elle ne se vend pas : un thème du marché convenable, plus un thème enfant fait proprement. Les modifications vivent dans l'enfant, le parent reste intact et peut être mis à jour, et l'écart entre les deux est lisible par quelqu'un qui découvre le projet.
C'est un travail moins gratifiant qu'une création complète, et il demande de la discipline : à chaque fois qu'on est tenté de modifier un fichier du parent « juste cette fois », on repousse un problème à la montée de version suivante. J'ai vu beaucoup plus de boutiques bloquées sur une vieille version à cause de cette discipline manquante qu'à cause d'un mauvais choix de thème.
Quand le sur-mesure se justifie
Le développement complet a un sens dans deux cas précis. Le premier : un parcours d'achat qui n'a pas d'équivalent — un configurateur, une vente par abonnement, une logique de prix par client — où plier un thème existant coûterait plus cher que partir d'une base propre. Le second : une marque dont l'identité visuelle est un actif, où la ressemblance avec d'autres boutiques est un vrai coût commercial.
En dehors de ces cas, le sur-mesure achète surtout du confort de départ, et transfère sur vous la charge que l'éditeur du thème assumait : à chaque montée de version de PrestaShop, c'est votre prestataire qui devra vérifier et corriger. Il faut que ce soit budgété dès le départ, sinon la boutique se retrouve exactement là où elle voulait éviter d'être.
Le critère qu'on oublie : la reprise
Une question simple règle beaucoup de discussions : si vous changez de prestataire dans deux ans, combien de temps faudra-t-il au suivant pour comprendre ce thème ? Un thème du marché documenté, avec un enfant clair, se reprend en une journée. Un thème sur mesure sans documentation se reprend en une semaine, et cette semaine vous sera facturée.
C'est aussi la raison pour laquelle je documente ce que je livre même quand personne ne le demande : ce n'est pas une politesse, c'est ce qui vous laisse libre de partir.
Un ordre de grandeur honnête
Sur cinq ans, un thème du marché avec enfant propre coûte l'achat initial, quelques jours d'adaptation, et une demi-journée à une journée par montée de version. Un thème sur mesure coûte son développement, et deux à cinq jours à chaque montée de version majeure selon sa complexité. L'écart initial se rattrape parfois ; l'écart d'entretien, jamais. La bonne décision dépend donc moins de votre budget aujourd'hui que de la durée pendant laquelle vous comptez garder cette boutique.
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